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📆 25 novembre 2025
Vieux PC portable recyclé en serveur Proxmox

Installer Proxmox sur un vieux portable

Par Marco F

Installer Proxmox sur un vieux portable

Toute l’infrastructure que je décris dans les autres articles repose sur un point de départ très simple : un vieux PC portable recyclé en hyperviseur.

Avant de parler segmentation VLAN, firewall virtuel ou Infrastructure as Code, il fallait un socle stable.
Ce billet détaille cette première étape : transformer un matériel ancien en base fiable pour un homelab structuré.


1. Le contexte réel

Matériel disponible au départ :

  • Acer Aspire A315 (écran HS)
  • 12 Go de RAM (après upgrade)
  • SSD SATA
  • CPU mobile entrée/milieu de gamme

L’objectif n’était pas de construire un “lab premium”, mais une base cohérente. Le matériel impose des contraintes (RAM limitée, pas de RAID matériel, I/O modestes), ce qui oblige à faire des choix raisonnés dès le départ.

Ce socle devait :

  • centraliser les VM/LXC
  • rester stable dans le temps
  • permettre une segmentation future
  • supporter supervision et services permanents

2. Vérifications BIOS / UEFI

  • Activer Intel VT-x / AMD-V
  • Désactiver Secure Boot
  • Privilégier le mode UEFI

Sans virtualisation matérielle active, KVM perd tout son intérêt. Sur du matériel ancien, ce point est souvent oublié.


3. Choix du système de fichiers

Proxmox propose ZFS par défaut.
Sur le papier, c’est séduisant (snapshots, intégrité, réplication).

En pratique, sur 12 Go de RAM, ZFS devient vite gourmand. J’ai donc choisi ext4 avec LVM-thin, plus léger et suffisant pour un lab.

Le choix du stockage doit être cohérent avec les ressources disponibles. Ce n’est pas un environnement de production critique avec redondance multi-disques.


4. Configuration réseau initiale

L’hyperviseur doit avoir une IP fixe.

IP      : 192.168.1.232/24
Gateway : 192.168.1.254
DNS     : 192.168.1.254

Cette IP deviendra le point central de l’infrastructure. Plus tard, OPNsense sera ajouté, les VLAN seront segmentés, mais tout reposera sur le bridge principal créé ici : vmbr0.

cat /etc/network/interfaces

5. LXC vs VM : arbitrage dès le départ

  • LXC consomme moins de RAM
  • VM offre une isolation complète
  • Windows → VM obligatoire
  • Services Linux → LXC pertinent

Sur 12 Go de RAM, ce choix n’est pas théorique. Chaque VM Windows peut consommer 2 à 4 Go. À l’inverse, un LXC Debian peut tourner correctement avec 512 Mo à 1 Go.

Ce choix aura un impact direct sur la capacité à héberger plus tard : GLPI, Zabbix, OPNsense, environnements de test, etc.


6. Mise à jour et dépôt no-subscription

sed -i 's/^deb/#deb/g' /etc/apt/sources.list.d/pve-enterprise.list
echo "deb http://download.proxmox.com/debian/pve bookworm pve-no-subscription" > /etc/apt/sources.list.d/pve-no-subscription.list
apt update && apt dist-upgrade -y

Maintenir l’hyperviseur à jour est indispensable, même en environnement lab.


7. Sauvegardes dès le début

vzdump --all --mode snapshot --compress zstd

Même si l’environnement est expérimental, perdre plusieurs heures de configuration est inutile.


8. Contraintes matérielles à surveiller

RAM

Principal facteur limitant. Surveiller l’usage dès les premiers déploiements.

Température

Un portable utilisé en continu doit être correctement ventilé.

Stockage

SSD recommandé. Les I/O deviennent rapidement un facteur de performance.


Conclusion

Ce portable n’est pas un serveur. Mais il est devenu le cœur d’une infrastructure cohérente.

La valeur ne vient pas du matériel, mais des choix d’architecture : segmentation progressive, supervision, automatisation.

C’est sur cette base que l’infrastructure a ensuite évolué vers VLAN, firewall OPNsense et Infrastructure as Code.