Installer Proxmox sur un vieux portable
Par Marco F
Installer Proxmox sur un vieux portable
Toute l’infrastructure que je décris dans les autres articles repose sur un point de départ très simple : un vieux PC portable recyclé en hyperviseur.
Avant de parler segmentation VLAN, firewall virtuel ou Infrastructure as Code,
il fallait un socle stable.
Ce billet détaille cette première étape : transformer un matériel ancien
en base fiable pour un homelab structuré.
1. Le contexte réel
Matériel disponible au départ :
- Acer Aspire A315 (écran HS)
- 12 Go de RAM (après upgrade)
- SSD SATA
- CPU mobile entrée/milieu de gamme
L’objectif n’était pas de construire un “lab premium”, mais une base cohérente. Le matériel impose des contraintes (RAM limitée, pas de RAID matériel, I/O modestes), ce qui oblige à faire des choix raisonnés dès le départ.
Ce socle devait :
- centraliser les VM/LXC
- rester stable dans le temps
- permettre une segmentation future
- supporter supervision et services permanents
2. Vérifications BIOS / UEFI
- Activer Intel VT-x / AMD-V
- Désactiver Secure Boot
- Privilégier le mode UEFI
Sans virtualisation matérielle active, KVM perd tout son intérêt. Sur du matériel ancien, ce point est souvent oublié.
3. Choix du système de fichiers
Proxmox propose ZFS par défaut.
Sur le papier, c’est séduisant (snapshots, intégrité, réplication).
En pratique, sur 12 Go de RAM, ZFS devient vite gourmand. J’ai donc choisi ext4 avec LVM-thin, plus léger et suffisant pour un lab.
Le choix du stockage doit être cohérent avec les ressources disponibles. Ce n’est pas un environnement de production critique avec redondance multi-disques.
4. Configuration réseau initiale
L’hyperviseur doit avoir une IP fixe.
IP : 192.168.1.232/24
Gateway : 192.168.1.254
DNS : 192.168.1.254Cette IP deviendra le point central de l’infrastructure.
Plus tard, OPNsense sera ajouté, les VLAN seront segmentés,
mais tout reposera sur le bridge principal créé ici : vmbr0.
cat /etc/network/interfaces
5. LXC vs VM : arbitrage dès le départ
- LXC consomme moins de RAM
- VM offre une isolation complète
- Windows → VM obligatoire
- Services Linux → LXC pertinent
Sur 12 Go de RAM, ce choix n’est pas théorique. Chaque VM Windows peut consommer 2 à 4 Go. À l’inverse, un LXC Debian peut tourner correctement avec 512 Mo à 1 Go.
Ce choix aura un impact direct sur la capacité à héberger plus tard : GLPI, Zabbix, OPNsense, environnements de test, etc.
6. Mise à jour et dépôt no-subscription
sed -i 's/^deb/#deb/g' /etc/apt/sources.list.d/pve-enterprise.list
echo "deb http://download.proxmox.com/debian/pve bookworm pve-no-subscription" > /etc/apt/sources.list.d/pve-no-subscription.list
apt update && apt dist-upgrade -yMaintenir l’hyperviseur à jour est indispensable, même en environnement lab.
7. Sauvegardes dès le début
vzdump --all --mode snapshot --compress zstdMême si l’environnement est expérimental, perdre plusieurs heures de configuration est inutile.
8. Contraintes matérielles à surveiller
RAM
Principal facteur limitant. Surveiller l’usage dès les premiers déploiements.
Température
Un portable utilisé en continu doit être correctement ventilé.
Stockage
SSD recommandé. Les I/O deviennent rapidement un facteur de performance.
Conclusion
Ce portable n’est pas un serveur. Mais il est devenu le cœur d’une infrastructure cohérente.
La valeur ne vient pas du matériel, mais des choix d’architecture : segmentation progressive, supervision, automatisation.
C’est sur cette base que l’infrastructure a ensuite évolué vers VLAN, firewall OPNsense et Infrastructure as Code.